Les Iraniennes peuvent-elles faire du vélo ? © AFP / ATTA KENARE

Et notamment à Téhéran, qui est connue pour être une des villes les plus polluées et embouteillées au monde. Téhéran où des pistes cyclables ont même été aménagées et où un système de vélo en partage a été promis aux habitants, pour bientôt.

Or de plus en plus de femmes s’y mettent avec aplomb et avant même, bien sûr, d’en avoir référé aux autorités profitant d’une sorte de vide religieux : personne n’avait pensé légiférer sur le sujet. C’est vrai qu’à l’époque du Prophète, la question se posait moins.

Les ayatollahs se sont saisis de la question

 Mais en plusieurs temps. Dans un premier temps, celui de l’ayatollah cool : « les femmes peuvent parfaitement pédaler du moment qu’elles ne violent pas le code vestimentaire féminin ». Autrement dit, oui au vélo mais en tchador ! C’est révolutionnaire comme décision, même si faire du vélo en tchador par 40 degrés ou à pleine vitesse peut se révéler être un défi à toutes les lois de la physique ! Mais ni une, ni deux des centaines de femmes se sont engouffrées dans la brèche !

Ça n’a pas empêché certaines villes de l’interdire absolument : à Marivan, dans l’ouest du pays, des femmes ont même été arrêtée pour avoir défié les lois de la gravitation à bicyclette et en tchador. Elles ont été libérées le jour même, je vous rassure.

Même le guide suprême est intervenu dans le débat

Parce que les cyclistes Iraniennes ont ressorti une vieille déclaration d’Ali Khamenei qui semblait leur donner raison. Il a donc fallu qu’il précise sa pensée : selon lui, « les femmes peuvent faire du vélo, du moment que ce n’est pas en public ».

Une fatwa qui est un modèle de jésuitisme : le vélo oui mais pas si l’on peut vous voir. En appartement en somme. Mais se qui est drôle, c’est que loin de décourager les iraniennes, cette fatwa fait l’objet d’une interprétation tout aussi hypocrite.

En fait, ce que le Guide à voulu dire, c’est que le vélo n’est mauvais pour les femmes que lorsqu’il a des conséquences morales mauvaises. Sinon, c’est licite ». Et hop, les revoilà grimpée sur la petite reine avec cette explication en bandoulière ! Résistance !

France Inter

jeudi 15 juin 2017

par Anthony Bellanger